proust
Le tourbillon de la non-identité féminine [Julia Kristeva, Proust]
"Plus auto-érotique qu'érotique, cette séduction polymorphe de l'adolescente trouve son image réussie dans le jeu d'Albertine avec le diabolo: elle le manoeuvre comme "une religieuse son chapelet", en faisant penser au golf "qui donne l'habitude des plaisirs solitaires".
Masturbation réussie, "grâce à ce jeu elle pouvait rester des heures seules sans s'ennuyer".
...
Le narrateur soutient que l'homme n'a pas d'organe pour toucher cet "abîme inaccessible", cette absence d' "identité" aussi vertigineuse qu'aucun "calcul de probabilité" ne puisse nous assurer de la "revoir".
... l' "absence d'organe" de l'homme pour dominer le tourbillon de la non-identité féminine."
Julia Kristeva, Le temps sensible, Proust et l'expérience littéraire.
Pages 133-136
Le jaloux [Julia Kristeva, Proust]
"Le jaloux imagine, parce qu'il veut posséder dans son musée imaginaire une pièce que sa perspicacité a pourtant déjà détruite."
Julia Kristeva, Le temps sensible, Proust et l'expérience littéraire.
Page 53
l'effet clanique [Julia Kristeva, Proust]
"Dès que les clans se constituent ... le vice est leur ferment. Ils jouissent de posséder leur "différent". Ils se referment sur lui, le sadomasochisme les reprend, ils sont prêts à tout.
Proust est allé au plus profond de l'effet clanique pour en mesurer les jouissances aussi bien que les impossibilités, et le désir d'en sortir."
Julia Kristeva, Le temps sensible, Proust et l'expérience littéraire.
Page 286