Le tourbillon de la non-identité féminine [Julia Kristeva, Proust]
"Plus auto-érotique qu'érotique, cette séduction polymorphe de l'adolescente trouve son image réussie dans le jeu d'Albertine avec le diabolo: elle le manoeuvre comme "une religieuse son chapelet", en faisant penser au golf "qui donne l'habitude des plaisirs solitaires".
Masturbation réussie, "grâce à ce jeu elle pouvait rester des heures seules sans s'ennuyer".
...
Le narrateur soutient que l'homme n'a pas d'organe pour toucher cet "abîme inaccessible", cette absence d' "identité" aussi vertigineuse qu'aucun "calcul de probabilité" ne puisse nous assurer de la "revoir".
... l' "absence d'organe" de l'homme pour dominer le tourbillon de la non-identité féminine."
Julia Kristeva, Le temps sensible, Proust et l'expérience littéraire.
Pages 133-136